A l’heure où Total vient d’annoncer des bénéfices de 5,4 milliards d’euros au premier trimestre grâce à l’augmentation du prix du baril provoquée par la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement refuse obstinément de toucher aux prix ou à la TVA, au nom d’une politique de l’offre qui privilégie la stabilité des entreprises et des marchés.
Toutefois, il choisit quelques professions auxquelles il accorde des aides : prêt flash aux entreprises de l’agriculture, de la pêche ou des transports, report de paiement des cotisations et contributions sociales au titre de 2026. Par contre pour les salariés, rien ou si peu , 50€ par mois sous réserve d’un revenu fiscal de référence par part pour 2024 inférieur à 16 880€ (1508€ pour une personne seule). Quant aux fonctionnaires, ils sont invités à télétravailler s’ils ne peuvent utiliser un transport en commun…
Une Fonction publique marginalisée et fragilisée
L’exécutif a par ailleurs confirmé le choix de geler les rémunérations des agents de la fonction publique, refusant toute mesure générale d’amélioration des rémunérations pour 2026 et annonçant déjà la continuité pour 2027.
La guerre lancée par les États-Unis et Israël au Moyen-Orient fait pourtant craindre une nouvelle hausse de l’inflation, et une crise économique mondiale qui nécessitera à nouveau des services publics forts, capables de soutenir et d’accompagner les catégories de la population les plus touchées.
Alors que le besoin se fait sentir de mesures d’urgence pour redéployer les services publics, le gouvernement tourne le dos à ces enjeux. Il est en cela fidèle à des choix qui contribuent à affaiblir la Fonction publique, traitée toujours comme un coût à réduire plutôt que comme un investissement essentiel pour la société.
Pour les personnels de direction : des revendications salariales et statutaires d’autant plus urgentes
La dégradation salariale affecte aussi les personnels de direction. Notre profession pâtit déjà d’une revalorisation en trompe-l’œil qui fige la part indiciaire au profit d’une part indemnitaire qui reste insuffisante, outre qu’elle est inéquitable et peu transparente dans ses conditions d’attribution. Sans parler des conditions d’accès à la hors classe.
Avec la FSU, FSU Per Dir réclame pour toute la Fonction publique le dégel du point d’indice, la mise en place d’un plan pluriannuel pour une revalorisation conséquente de la grille indiciaire, et l’indexation immédiate de celle-ci à l’indice des prix à la consommation.
C’est une urgence sociale et démocratique au regard du rôle des agents de la fonction publique dans les périodes de crise économique, sociale, et écologique. Il est temps de rompre avec ces 10 ans de cadeaux aux plus fortunés et d’appauvrissement de celles et ceux qui œuvrent au service de la population.
