L’art de se donner bonne conscience 

Violences, climat scolaire, santé mentale des élèves : les effets d’une politique à moindre coût pour l’école et pour la société

Le snU.pden-FSU exprime sa profonde solidarité avec l’enseignante agressée à Sanary-sur-Mer ainsi qu’avec l’ensemble de la communauté éducative de l’établissement. Nous lui adressons tout notre soutien, et nous espérons vivement son rétablissement, alors que son état de santé reste préoccupant.

La réaction du ministre de l’Éducation nationale a le mérite de ne pas alimenter une instrumentalisation des faits dans le sens du discours sécuritaire de la jeunesse ensauvagée.

Pour autant, ce nouveau drame marque l’insuffisance des mesures mises en place pour répondre à la problématique de la santé mentale des élèves. C’est toute la limite d’une politique des cases à cocher destinée avant tout à donner le change à l’opinion. Il semble que l’essentiel soit dans le fait de dire que l’on a pris des mesures, dans une relative indifférence à la réalité de leur efficacité. Encore une fois, le plan santé mentale, proclamé à grand bruit, se résume à un énième protocole assorti de ses énièmes référents, venant cacher la misère d’une santé scolaire en berne.

Le contexte de la scolarisation de l’agresseur marque les difficultés liées à la mise en œuvre de l’accompagnement social, auxquelles nous sommes confronté.es au quotidien. Pour ne parler que de ce qui concerne l’Éducation nationale, peut-on vraiment dire que notre institution a pris sa part de responsabilités avec une assistante sociale pour 4000 élèves ? Y a-t-il vraiment lieu de se féliciter de l’installation des référents départementaux en santé mentale qui prétend à une plus grande efficience en substituant « une logique organisationnelle » à une logique des moyens ?

La protection contre les actes de violence n’est pas mieux garantie. La solution qui consiste à brandir les dispositifs sécuritaires, à vanter les mérite des portiques et à énumérer les chiffres des fouilles aléatoires et des conseils de discipline ne sert qu’à mettre l’Etat en règle à bon compte. La gestion du climat scolaire ne peut pas se résumer à la facilité de la seule dimension répressive, et elle ne peut pas non plus se suffire d’un saupoudrage éducatif indigent.

Pour le snU.pden-FSU, la souffrance psychique des élèves comme la montée des violences ne sont pas séparables des politiques dont l’effet se fait sentir tant au sein de l’École que de la société. Nous refusons, comme personnels de direction, d’être les acteurs d’une école où la lutte contre les inégalités n’est que de façade, où la pression scolaire et l’idéologie de la mise en concurrence des individus montent en puissance et où la répression des élèves prend le pas sur l’aide et le soutien par des professionnels. Nous entendons lutter, comme citoyens, contre une société du séparatisme social et de l’abandon des solidarités collectives.