De quoi la baisse démographique est-elle le nom ?

A force d’entendre les recteurs et les DASEN dérouler les éléments de langage d’un contexte démographique difficile et de l’assurance d’un « accompagnement » des établissements dans ce contexte, on en oublierait que nous ne sommes pas confrontés à la fatalité des effets de la baisse démographique, mais à un choix politique.

Le contexte a bon dos : l’évolution positive des effectifs entre 2017 et 2023 s’est traduite par… des suppressions de postes, au point qu’un statu quo sur le maintien des emplois d’enseignants du second degré n’aurait même pas permis le rattrapage des pertes subies. Avec un effacement de plus de 2000 emplois d’enseignants dans le second degré, les coupes sont brutales pour plusieurs académies qui perdent au minimum une centaine de postes.

L’affichage d’une exigence pour l’École se révèle en total décalage avec la réalité : affaiblissement et précarisation des moyens, augmentation des effectifs, insuffisance criante de la formation, déqualification des métiers de l’enseignement… comment tout cela n’aboutirait-il pas à une fragilisation des conditions d’apprentissage ?

Nous devrions croire au miracle d’un « redéploiement de l’accompagnement ». Le thème des 800 collèges qui concentrent plus de 40% de la difficulté scolaire illustre un recentrage qui vise à enterrer la dimension sociale du problème et à signer l’abandon de la politique de l’éducation prioritaire. On mesure toute l’ampleur de la supercherie qui consiste à dire que les moyens ne font pas tout, mais que les effets sont tout entiers dans la solution managériale des plans pluriannuels et de la mobilisation pour leur accompagnement.

La rhétorique fait mal passer la pilule d’une politique d’austérité pour un budget qui prétexte de réduire le déficit en sacrifiant la protection sociale et les services publics. Qui fait le choix d’abonder les crédits de l’armée, de la police et de la justice au détriment de l’École et de l’Hôpital public. Qui fait payer lesclasses moyennes et populaires plutôt que les grandes fortunes ou les entreprises.

Pour le snU.pden-FSU, on ne saurait se satisfaire de ces orientations pour répondre aux difficultés grandissantes des établissements scolaires. Si les personnels de direction feront dans ce contexte leur travail de répartition des moyens, nous rappelons qu’en aucun cas ils n’ont vocation à se faire auprès de leurs équipes et des conseils d’administration les porte-parole de ces choix politiques.