Depuis plusieurs jours, des lycéens de toute la France bloquent leurs établissements. FSU Per Dir, qui représente des personnels de direction au quotidien dans les collèges et les lycées, ne voit pas là un simple « désordre » : c’est l’expression d’une jeunesse lucide sur l’état de son école.
Leurs revendications sont réelles et légitimes. Les lycéens demandent des bâtiments en bon état et correctement isolés, où l’on n’a ni trop froid l’hiver ni trop chaud l’été. Ils demandent des enseignants en nombre suffisant, remplacés quand ils sont absents, pour que les heures de cours ne se perdent plus. Ils demandent des effectifs par classe moins lourds, condition d’un accompagnement réel de chacun. Ils dénoncent enfin la logique de tri social de Parcoursup, qui transforme l’orientation en angoisse et en sélection. Ces constats, nous les faisons aussi, chaque jour, dans nos établissements.
Nous regrettons les débordements violents qui ont pu émailler certains blocages. La violence n’est jamais une solution : elle met en danger les élèves et les personnels, et elle dessert les revendications qu’elle prétend porter.
Nous ne tolérons pas pour autant les violences policières contre nos élèves. Ce sont des adolescents, souvent mineurs, confiés à l’institution scolaire. Face à eux, la réponse des pouvoirs publics doit être le dialogue et la désescalade, jamais l’usage disproportionné de la force. Nous exigeons que toute la lumière soit faite sur les faits signalés et que les responsabilités soient établies.
Les personnels de direction en première ligne. Dans ce contexte, les personnels de direction se retrouvent dans une position particulièrement difficile. Garants de la sécurité des élèves et des personnels, ils doivent gérer les blocages, les tensions et les risques d’incidents, souvent dans l’urgence et sans consignes claires. Ils sont pris entre des injonctions contradictoires : maintenir l’ordre dans l’établissement et préserver le dialogue avec des élèves dont ils comprennent les revendications, car ils en constatent chaque jour le bien-fondé. Ils portent seuls des décisions lourdes de conséquences, avec une responsabilité engagée, des équipes en sous-effectif et des moyens qui manquent depuis trop longtemps. Cette charge s’ajoute à une charge de travail déjà considérable et à un isolement que de trop nombreux collègues décrivent. Nous voulons ici leur exprimer notre solidarité.
Pour une école émancipatrice. Pour FSU Per Dir, l’école doit permettre à chaque élève d’apprendre dans les meilleures conditions, de s’émanciper, de forger son esprit critique et de choisir son avenir plutôt que de le subir. Cela suppose des moyens à la hauteur : investissements dans le bâti, recrutements de personnels, réduction des effectifs, et un accès à l’enseignement supérieur fondé sur l’égalité et non sur la sélection.
Nous demandons au gouvernement :
· L’ouverture immédiate d’un dialogue avec les organisations lycéennes et les représentants des personnels ;
· Un plan d’urgence pour le bâti scolaire, les recrutements et les remplacements ;
· Le respect du droit des élèves à s’exprimer et à manifester pacifiquement, sans répression ;
· La reconnaissance du rôle des personnels de direction et un soutien concret de l’institution : consignes claires, appui de la hiérarchie, moyens humains supplémentaires dans les établissements ;
· Une remise à plat de Parcoursup.
Les lycéens nous rappellent que l’école publique est un bien commun. FSU Per Dir restera à leurs côtés, et à ceux des personnels, pour la défendre.