Reformes, du lycée… Comme le dit la publicité : « ce n’est pas la peine d’en rajouter » !

En Mars dernier une enquête détaillée dans le Café Pédagogique montrait que moins de la moitié des personnels d’encadrement soutenaient la politique menée par le ministre de l’Éducation Nationale. Loin de l’infléchir, J.M. Blanquer dans sa volonté de réformer, en s’opposant aux I.A. I.P.R., I.E.N. et personnels de direction, a poursuivi sa marche en avant, en demandant à ses troupes de le suivre .. « Par confiance ». On peut comprendre à quelques semaines de la préparation de la prochaine rentrée 2018/2019 que nous soyons épuisés de pas être écoutés, fatigués que ne soient pas prises en compte les analyses de celles et ceux qui sont sur le terrain et pilotent les établissements.

Quelques éléments :

Cette semaine, tombent les résultats de « Parcoursup » : la moitié des élèves des lycées ont une réponse négative ou sont en attente d’une hypothétique place dans le supérieur… « Parcoursup » devait être l’outil miraculeux pour supprimer les honteux tirages au sort qu’on avait connus avec APB l’an dernier… Plutôt que d’augmenter les places en faculté, le Ministère a refusé de nous écouter et a mis en place une sélection pour limiter l’accès dans le supérieur grâce à un nouvel outil qui n’a affecté que la moitié des élèves… Et dans quelles conditions ??? Tous les proviseurs qui ont des BTS en lycée pourraient en parler longuement : installation en urgence de commissions de barémisation pour officialiser les critères de sélection, commission pour départager des candidats plus nombreux, déclarations à effectuer à la CNIL, présentation en conseil d’administration du travail effectué…Bien évidemment on n’oubliera pas tout le travail préalable qui avait été fait pour mettre des avis sur les candidatures de chaque élève, ce qui avait pris des heures de travail en amont et lors des conseil de classe …

Au final, « Parcoursup » a-t-il permis de limiter l’angoisse et de donner satisfaction à plus d’élèves ? NON.

Avons-nous gérer dans l’urgence une multitude de problèmes ? comme d’habitude, OUI et cela en plus des problèmes existants dans nos établissements…et il faudrait que nous soyons contents !

A quelques semaines de la préparation de la rentrée, que pouvons- nous programmer concrètement ? Que pouvons- nous répondre :

  • aux parents de seconde qui se demandent réellement comment va se dérouler la scolarité de leur enfant l’an prochain au lycée ?

  • aux enseignants qui se questionnent sur les ajustements de DHG et donc de postes ?

Comment allons-nous faire pour réaliser les répartitions des élèves dans des classes ? Comment allons-nous réaliser les emplois du temps ? Quand allons-nous pouvoir nous reposer d’une année éprouvante passée avec des conflits sociaux qui se sont surajoutés aux difficultés dans les établissements ?

Il faudrait que nous soyons heureux, et que nous ayons… confiance… alors qu’on se sent pris entre des anneaux comme dans le « livre de la jungle » et de plus en plus broyés…

La confiance se gagne par l’écoute de celles et ceux qui sont au cœur du système et se dépensent sans compter pour le faire fonctionner.. Mais le Ministre gagnera la confiance des cadres par l’écoute de ce que nous avons à dire et là, il faut entendre que nous sommes épuisés de courir après le temps et que nous n’avons plus de temps pour respirer…

Qu’on nous facilite la tâche enfin et qu’on cesse d’en rajouter !

Paris, le 24 mai 2018

Le bureau national