Promotions et mutations : beaucoup trop de questions demeurent

La CAPN s’est réunie durant trois jours, les  28, 29 et 30 mars pour statuer sur les promotions et mutations 2018.

La lecture des résultats, comme de coutume entraîne son lot de réactions et de questions   Mais cette année elles portent sur les deux opérations administratives opaques et concomitantes, ce qui ajoute de la rancœur à la rancœur pour celles et ceux qui sont écartés des « heureux  élus » :

 

-« J’ai eu ma mutation, mes collègues qui eux ne l’ont pas eue me regardent comme si j’étais coupable d’avoir fait des choses « de mal ou de particulier » pour l’obtenir, Pourquoi ? »

-« Je n’ai pas eu ma mutation et j’ai vu que des collègues bien plus jeunes que moi dans le métier, qui eux, l’ont obtenue, Pourquoi ? »

-« Je suis dégoûté, cela fait plusieurs années que je demande à muter, je n’ai encore rien. Je demande des postes que d’autres ont pu avoir les années précédentes ou encore cette année, moi ,je n’ai rien, Pourquoi ? »

-« J’ai de bonnes appréciations, j’ai même des avis exceptionnels et je vois que mon collègue qui lui a des difficultés dans la gestion de son établissement dont tout le monde a connaissance, a obtenu le poste que je voulais, Pourquoi ? »

-« J’ai vu dans la liste de ceux qui ont leur mutation que certains, toujours les mêmes, avaient leur mutation….Il semblerait que certains soient plus favorisés que d’autres en fonction de leurs activités « non professionnelles », Pourquoi ? »

-« Je suis adjoint et je ne suis pas promu cette année encore. J’ai l’impression que quand on est adjoint, on passe après tout le monde, pourtant je fais le maximum dans mon travail, tout le monde le dit, et je suis encore écarté d’une promotion… Je pensais être un personnel de direction comme les autres …Alors…Pourquoi ? » 

-« Je suis principal depuis plus de dix ans et j’ai dirigé plusieurs collèges. Je demandais à diriger un lycée et je n’ai rien eu encore cette année. Par contre j’ai vu qu’un adjoint qui n’a jamais piloté un établissement a obtenu le lycée que je demandais, Pourquoi ?

-« Je suis principal depuis des années et je vois que les promus à la hors classe sont dans une immense majorité des Proviseurs…Ce n’est pas un critère pourtant de promotion, alors Pourquoi ? »

-« Je demandais un établissement 4ème catégorie exceptionnelle et  je vois que c’est un homme qui l’a obtenu. J’ai bien l’impression que je n’ai pas obtenu de mutation sur ce type de poste car je suis une femme…Pourquoi ? »

-« Je me rends compte que beaucoup d’hommes sont promus au détriment du nombre de femmes. Je fais pourtant mon travail de cheffe d’établissement comme les autres, alors  Pourquoi? »

Ces questions et bien d’autres encore, vous vous les posez tous et toutes. Ce qui est intéressant c’est que personne ne vous donne de réponse quand vous vous les posez, même pas un commissaire paritaire. Tout au plus vous dira-t-il que votre tour viendra et qu’il faut patienter et se syndiquer pour qu’il s’occupe de votre dossier…

Les résultats des promotions et des mutations entraînent cette année encore leur lot de désillusions, déceptions, découragements. Nombre de nos collègues ne savent plus quoi faire pour pouvoir obtenir satisfaction. L’impossibilité de se projeter dans la carrière, de tracer un parcours professionnel sur du long terme amène des collègues à ressentir un profond sentiment d’injustice qui conduit à un ressentiment important, contre-productif d’un point de vue du management et des ressources humaines pour les personnels de direction.

La seule solution pour remédier à cette situation inique est l’instauration d’un barème.

Le snU.pden-FSU défend depuis des années cette idée et d’aucun la décrie en prétendant que ce serait impossible à mettre en œuvre.

Au contraire, nous persistons à dire que c’est le seul moyen pour en finir avec ce qui pollue notre métier : la concurrence entre les personnels, le copinage, l’opacité, le découragement, l’impossibilité de se projeter et de comprendre. Effectivement, au regard de notre investissement, de nos conditions de travail qui se dégradent d’année en année (réformes à mettre en places, responsabilités supplémentaires…), la reconnaissance par l’institution de ce que nous faisons au quotidien, doit impérativement passer par des opérations administratives transparentes !

Notre syndicat vous propose que notre profession soit dotée d’un nouvel outil : un barème qui prendrait en compte différents critères. Ces éléments vous seront donnés à titre indicatif. La reconnaissance et la pertinence des éléments d’un barème n’ont de sens que ceux-ci font l’accord d’une large majorité de la profession.

Nous soumettrons des critères à votre réflexion afin de pouvoir constater qu’un barème bien construit pourrait enfin permettre à chaque personnel de direction

  • de se projeter dans la carrière,
  • de faire cesser l’opacité au profit de la transparence
  • et mettre fin à la concurrence malsaine entre les personnels de direction..

Nous organiserons une grande enquête à laquelle vous allez pouvoir participer en précisant l’importance que vous souhaiteriez accorder aux éléments constitutifs d’un barème pour nos opérations de gestion administratives.

Pour le snU.pden-FSU, un tel barème devrait prendre en considération trois grands champs :

  • L’ancienneté / la situation professionnelle
  • L’évaluation
  • La situation familiale ou personnelle

Chacun de ces grands champs sera constitué de différents éléments, permettant d’attribuer plus ou moins de « points » en fonction de l’importance que la profession voudra donner à ces critères.

La consultation à laquelle vous allez participer permettra de vous prononcer sur ce que vous souhaiteriez voir pris en compte et l’importance que vous y accorderez.

D’autre part, vous aurez également la possibilité de suggérer d’autres éléments que ceux proposés.

Nous publierons le résultat de cette consultation et de vos propositions, avec les éléments d’un barème viable.

Avec le snU.pden-FSU  vous pouvez enfin de sortir de la situation inique que nous connaissons, nous vous proposons de passer du « POURQUOI ? » au « PARCE QUE !»  et,  contrairement à ce que certains voudraient faire croire, c’est POSSIBLE !

 

Paris, le 5 avril 2018

Le bureau national