« parcoursup » : Quand on voudrait nous faire croire que c’est un outil au service des futurs étudiants … !

La génération des bébés de l’an 2000 passe le bac cette année…cela fait…18 ans que tout le monde le sait ! Cela fait 18 ans que tout le monde sait aussi que l’université va devoir faire face à un afflux important d’étudiants à l’université (+40 000 élèves attendus)…

Depuis toutes ces années les gouvernements successifs n’ont pas voulu écouter les universitaires qui lançaient des cris d’alarme et réclamaient les moyens pour faire face à la situation. Ce gouvernement pas moins que les autres précédemment, a fait le choix de la restriction des moyens sur le dos des étudiants, nos élèves de lycée actuellement !!! Ce gouvernement a fait le choix de restreindre l’accès à l’université pour « résoudre » le problème, plus exactement pour faire en sorte de ne pas donner à l’université les moyens d’accueillir les bacheliers (es) dans les filières souhaitées. Une seule solution : sélectionner…sans prononcer le mot, de peur d’un embrasement étudiant à venir.
Le tour de passe-passe des prestidigitateurs Vidal et Blanquer repose sur trois trompe-l’œil :
1°) affirmer que le tirage au sort pratiqué l’an passé est inacceptable (pas une personne en France n’affirmera le contraire)
2°) faire état des étudiants qui échouent dans leur parcours avant d’obtenir un diplôme (c’est un constat réel)
3°) dire que parcoursup est préférable à APB car on pratiquera aujourd’hui à une orientation régie par l’humain alors que pour APB c’était un algorithme qui s’en occupait…(qui ne préférerait pas le contact humain à un tri informatique ?)

Mais dans ce grand cirque, nous ne tombons pas dans le panneau des ministres qui veulent nous faire regarder ailleurs que là où il faudrait…
Pour éviter les tirages au sort, afin de permettre l’accès à l’université aux détenteurs du bac, premier grade de l’université, il suffit de donner à l’université les moyens d’accueillir les futurs étudiants. Avant de nous dire qu’il faut sélectionner pour éviter que les élèves échouent dans les études supérieures, il faut poser le problème de l’accès à l’université car avant d’échouer ou de réussir, le problème est bien d’avoir une place !!!!

Quelques chiffres bons à savoir

Quelques chiffres : entre 2009 et 2016, 7 000 postes de titulaires (dont 774 postes d’enseignants chercheurs ont été supprimés en université alors qu’à la rentrée 2017 on comptait 280 000 étudiants de plus qu’en 2009 !
Avec « Parcoursup » les modalités d’accès à l’université sont les suivantes :

  • Pour les Filières sélectives (STS, IUT, CPGE, Ecoles, etc.) :
    Réponses possibles : « oui », « non », « en attente »
  • Pour les Filières non sélectives (Licences sans tension, nombre de candidats < nombre de places) : Réponses possibles : « oui », « oui si » (inscription subordonnée à l’acceptation d’un parcours spécifique)
  • Pour les Nouvelles filières sélectives (Licences sous tension, nombre de candidats (vœux) > nombre de places) Réponses possibles : « oui », « oui si », « non », « en attente », après vérification de la cohérence entre,d’une part, le projet de formation du candidat, les acquis de sa formation initiale ou de ses compétences et, d’autre part, les caractéristiques de la formation.

8 millions de vœux potentiels

Au niveau du calendrier, après que les lycéen (nes) aient saisi leurs vœux (Du 22/01/2018 au 13/03/2018) , les conseils de classe du 14/03/2018 au 31/03/2018 vont remplir les fiches Avenir pour chaque vœu de chaque élève (potentiellement 8 millions). Puis ce sera au tour des universités d’analyser les dossiers du 4 avril 2018 à fin mai…Lorsqu’on met en perspective les 8 millions de vœux potentiels au regard des 640 000 places et les 12000 formations on comprend que la quasi totalité des formations sera en tension et devra sélectionner (vœux>places)

Le ministère instaure bien une hiérarchie des Bac entre le professionnel et le général après avoir vendu du « le bac pro c’est un bac au même titre que les autres ! »
Pourquoi faudrait-il restreindre l’accès à la filière STAPS par exemple, à des élèves issus de bac-pro ?
Ne connaissez-vous pas des anciens élèves, des membres de votre famille qui ont eu un parcours difficile pour arriver péniblement au bac et qui ont suivi des études universitaires brillantes pour obtenir par la suite des professions remarquables ??? Ne connaissez-vous pas , des enseignants qui eux –mêmes étaient précédemment des élèves « moyens voire médiocres » avant que leur parcours universitaire ne transcendent leurs appétences aux études ?

Faire entrer les élèves dans des cases, un progrès éducatif ?

Aujourd’hui, on voudrait contraindre des élèves à rentrer dans des cases, plus exactement, il faudrait limiter l’accès aux filières sélectives aux meilleurs de nos élèves. Les autres se verraient relégués dans des études qui ne correspondent pas à ce qu’ils (elles) veulent…
Est-ce cela qu’on appelle un progrès éducatif ???
En résumé « parcours sup » c’est :
• La mise en tension de toutes les formations et la fin de l’université ouverte à tous
• Le Bac qui n’est plus suffisant pour s’inscrire en licence,
• La mise en œuvre de la sélection en licence
Face à cette situation le snU.pden-Fsu appelle l’ensemble des professionnels de l’Éducation à n’émettre aucun jugement ni avis qui permettrait de limiter l’accès aux formations universitaires souhaitées par les élèves de terminales.

Paris, le 11 février 2018
Le bureau national